L’arthrose est une maladie articulaire fréquente, caractérisée par la dégradation progressive du cartilage. Elle provoque douleurs, raideurs et perte de mobilité, nécessitant souvent à terme la pose d’une prothèse pour remplacer l’articulation touchée. D’une certaine manière, le but des traitements médicaux contre l’arthrose est de retarder au maximum la tenue de cette chirurgie invasive. C’est alors dans ce cadre que s’inscrit l’utilisation de la mésothérapie, technique basée sur l’injection locale de faibles doses de médicaments, pour soulager les douleurs liées à l’arthrose, notamment chez les patients intolérants aux traitements classiques.
L’arthrose : mieux comprendre cette pathologie
L’arthrose est une affection chronique dégénérative, caractérisée par la destruction progressive du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires, notamment au niveau de la hanche, du genou, ou encore de l’épaule et du coude.
Il s’agit d’une maladie très fréquente. Ainsi, par exemple, environ 10 % des hommes et 18 % des femmes de plus de 60 ans présentent des signes cliniques d’arthrose du genou, et jusqu’à 80 % des sujets de plus de 75 ans ont des signes radiologiques d’arthrose, quel que soit le site atteint.
Or, la disparition progressive du cartilage articulaire entraîne un frottement direct os contre os et induit notamment des douleurs. Lorsqu’elles deviennent trop invalidantes et que la mobilité articulaire ne correspond plus aux besoins fonctionnels des patients atteints, la pose d’une prothèse est alors souvent la solution de derniers recours.
En France, plus de 150 000 prothèses de hanche et 90 000 prothèses de genou sont posées chaque année. Quelle que soit l’articulation concernée, il s’agit d’interventions invasives.
Mésothérapie : définition
La mésothérapie est une technique médicale qui consiste à injecter de très faibles quantités de substances actives à proximité immédiate de la zone à traiter. Développée en France dans les années 1950 par Michel Pistor, elle repose sur l’idée que l’action locale ciblée de micro-doses permet d’obtenir un effet thérapeutique optimal avec une quantité minimale de produit.
Cette méthode est notamment utilisée en médecine esthétique pour le rajeunissement cutané car, grâce aux produits injectés (vitamines, acides aminés, minéraux, antioxydants…), elle favorise la production de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique, améliorant ainsi la fermeté, l’éclat et l’hydratation de la peau.
Et, au-delà de ses effets prouvés en médecine esthétique, depuis le début des années 2000, la mésothérapie a été intégrée dans la pratique médicale française comme outil de soulagement local de la douleur (analgésie), en particulier dans les pathologies musculo-squelettiques, par injection de faibles doses de médicaments anti-inflammatoires (piroxicam, kétoprofène…), d’anesthésiques locaux (comme la lidocaïne), de myorelaxants, voire d’oligo-éléments ou d’enzymes.
Autrement dit, bien que cet usage de la mésothérapie n’ait pas fait l’objet d’une autorisation spécifique délivrée par une agence sanitaire nationale, il s’agit d’un acte médical que les médecins sont autorisés à pratiquer dans le cadre de leur liberté de prescription.
La mésothérapie contre l’arthrose : que faut-il en penser ?
L’arthrose est une pathologie évolutive qui ne régresse jamais spontanément. A ce titre, dire qu’elle pourrait être soignée par mésothérapie serait faux.
Mais, de plus en plus de praticiens estiment que la mésothérapie est indiquée dans la prise en charge de l’arthrose pour soulager les douleurs articulaires, notamment au niveau du genou, de l’épaule ou des petites articulations.
La méthode serait notamment adaptée en cas de contre-indication ou d’intolérance aux traitements systémiques classiques comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Elle permettrait de réduire les posologies générales, et donc les effets indésirables, tout en maintenant un effet local ciblé sur les zones articulaires atteintes. Et, en limitant la douleur chez les sujets atteints d’arthrose, la pratique permettrait alors de retarder l’échéance d’une chirurgie invasive de remplacement de l’articulation.
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